Déchets sauvages : la consigne, un outil indispensable que la Belgique ne peut plus reporter

Bruxelles, lundi 2 février 2026

Alors que les canettes et bouteilles en plastique représentent 35 % du volume des déchets sauvages en Belgique (22,1 % pour les canettes et 12,9 % pour les bouteilles plastiques, chiffres OVAM 2019-2021), la Wallonie reste, depuis 2009, incapable d’adopter la mesure la plus efficace pour y remédier : la consigne.
La Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA), l’Union des Agricultrices Wallonnes (UAW), le réseau flamand de femmes et Ferm dénoncent d’une voix une situation devenue intenable, tant pour l’environnement que pour les agriculteurs.

Un renoncement incompréhensible

En septembre 2024, le ministre wallon de l’Environnement a renoncé à instaurer la consigne sur les canettes, faute d’accord au sein de la majorité. Une décision d’autant plus incompréhensible que l’étude de faisabilité de RDC Environnement était aboutie, que le cabinet Tellier avait donné son feu vert en avril 2024, que les auditions parlementaires confirmaient l’intérêt de la mesure et que les organisations agricoles et environnementales s’étaient mobilisées.
Tout ce travail — analyses, réunions, négociations, contributions citoyennes — est ainsi balayé. C’est un gâchis politique majeur.

Un fléau quotidien pour nos agriculteurs

Les canettes abandonnées ne sont pas qu’un problème esthétique : elles causent chaque année des accidents graves dans les exploitations. Malgré les investissements des éleveurs (barres aimantées, aimants ingérés par les bovins), les risques demeurent : l’aluminium n’est pas attiré par les aimants, les canettes se fragmentent dans les machines, contaminent fourrages et prairies et provoquent plaies internes, opérations d’urgence ou la mort des animaux.
Chaque année, 3 à 5 bovins adultes en meurent, sans dédommagement pour les éleveurs, qui doivent en plus assumer les frais vétérinaires. Les cultures aussi sont touchées, avec un risque de contamination de la chaîne alimentaire.

Des mesures insuffisantes 

Depuis des années, les intercommunales, les communes, Be WaPP, la FWA et de nombreux bénévoles organisent campagnes de communication, ramassages et installations de nasses à canettes.
Malgré ces efforts coûteux et chronophages, les résultats sont insuffisants.
Preuve qu’il faut passer à l’étape suivante : une consigne efficace.

La Belgique décroche alors que l’Europe avance

Autriche, Pologne, Allemagne … 19 pays européens ont déjà instauré la consigne et de nombreux autres ont voté son introduction (Espagne, Portugal, Grèce).
En Belgique, elle n’apparaît dans aucune Déclaration de Politique Régionale : ni en Wallonie, ni en Flandre.
Nous prenons du retard, au détriment de nos agriculteurs, de notre environnement et de nos finances publiques.

Nous appelons les Gouvernements à agir

Face à une situation intolérable, la FWA, l’UAW et Ferm demandent aux gouvernements wallon et flamand de :

  1. remettre immédiatement la consigne sur les canettes et bouteilles à l’agenda,
  2. adopter un modèle de consigne opérationnel, qu’il soit classique ou digital,
  3. déployer rapidement la mesure en concertation avec les intercommunales et acteurs de terrain.

La consigne n’est pas une solution miracle, mais un outil indispensable, attendu depuis plus de quinze ans. Pour protéger cultures, bétail et environnement, la Belgique doit agir sans tarder.

[Fin du communiqué]


Contact presse

FWA / UAW : Lucie Darms, lucie.darms@fwa.be, 0476/84 27 76
Ferm : Caroline Audoor, caudour@samenferm.be, 0496/90 52 22
Alliance pour la Consigne : Chloé Schwizgebel, pers@statiegeldalliantie.org, +31 643288231

La Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA) est une organisation professionnelle créée par et pour les agriculteurs et comptant plus de 100 ans d’expérience. Elle a pour objectif de défendre, représenter et informer ses agriculteurs membres. Tous les types d’exploitations, toutes les régions agricoles, tous les secteurs et modes de production sont représentés au sein de ses structures.

L’Union des Agricultrices Wallonnes (UAW) défend, informe et représente les agricultrices, tout en soutenant les familles agricoles. Active à tous les niveaux de pouvoir et en collaboration avec la FWA, elle renforce l’impact de ses actions syndicales. L’UAW organise des séances d’information et de formation pour soutenir le développement professionnel des femmes du secteur, encourager le partage de connaissances et promouvoir une agriculture familiale, durable et solidaire grâce à ses ressources et son expertise.

Plus de 70 organisations demandent l'introduction de la consigne

Malgré les engagements pris précédemment en faveur de l'introduction de la consigne sur les canettes et bouteilles en plastique, le système se fait attendre. Les gouvernements continuent de repousser la question. Aujourd'hui, 72 organisations demandent par lettre aux responsables politiques belges d'introduire un système de consigne efficace. Cette démarche fait suite au souhait des consommateurs belges, qui se prononcent à une majorité de deux tiers en faveur de l'introduction d'une consigne. 

Dans toute la Belgique, les canettes et bouteilles en plastique sont toujours vendues sans consigne. Ainsi, de nombreuses bouteilles et canettes finissent dans la nature ou dans la rue. Ces emballages polluent notre environnement. C'est pourquoi plusieurs partis politiques, tels que Les Engagés - le parti de l'actuel ministre de l'environnement Yves Coppieters, ont promis la consigne à leurs électeurs. Sa prédécesseur, Céline Tellier (Ecolo), indiquait en mars dernier que c’était la dernière ligne droite avant l’introduction du système. Le gouvernement wallon avait validé son introduction avant les élections au niveau national. Mais en ce début 2025, l'introduction de la consigne se fait attendre. 

Lettre 

Au nom de 72 organisations, dont des Villes et Communes, des fédérations agricoles, de consommateurs et des associations de protection de l’environnement, l’Alliance pour la Consigne demande aujourd'hui aux hommes politiques, dans une lettre, d’introduire enfin un système de consigne efficace. La promesse faite par les politiciens de tout le pays d'introduire la consigne sur les bouteilles et les canettes doit maintenant être tenue : « Tous les éléments pour l'introduction des consignes sont enfin sur la table, c'est maintenant aux gouvernements de joindre l'acte à la parole », peut-on lire dans la lettre.

Ce n'est pas la première fois que cet appel est lancé aux hommes politiques par la société civile et les autorités publiques. Selon un sondage réalisé par Testachats, deux tiers des consommateurs belges sont favorables à l'introduction de la consigne. Les organisations agricoles sont également favorables à ce système, car leurs ruminants tombent malades ou meurent lorsqu’ils ingèrent des morceaux de ces bouteilles et canettes qui sont jetés dans leurs champs.

Politique

C'est aux régions qu'il revient d'introduire les consignes. Mais jusqu'à présent, les ministres régionaux et les parlementaires sont restés sourds à l'appel de la société en faveur de la consigne. Six mois après les élections, l’Alliance pour la Consigne est donc profondément déçue. Les mesures actuelles contre les déchets sauvages ne fonctionnent pas. Pourtant les nouvelles Déclarations de politique Régionale, s'il y en a, ne mentionnent pas la consigne. Entre-temps, du fait des nouvelles règles européennes en matière d’emballage (Directive Plastique à Usage unique, règlement emballage) de plus en plus de pays de l'UE introduisent la consigne. L'Autriche, par exemple, a lancé son système en ce début 2025. La Belgique est donc à la traîne en Europe. 


La lettre a été rédigée par l’Alliance pour la Consigne - une coalition de plus de 1 300 organisations en Belgique et aux Pays-Bas qui luttent pour l’introduction d’une consigne efficace sur les canettes et bouteilles en plastique. La lettre a été signée par plus de 70 organisations de toute la Belgique.

Contact presse
Chloé Schwizgebel, porte-parole de l’Alliance pour la Consigne
info@statiegeldalliantie.com

+31 6 43288231

55 Villes et Communes exhortent les ministres à mettre en place un système de consigne accessible à tous

Aujourd'hui, les trois ministres de l'environnement régionaux - Zuhal Demir, Céline Tellier et Alain Maron - reçoivent une lettre commune envoyée par les bourgmestres de 55 Villes et Communes belges dans laquelle ils expriment leur soutien à un système de consigne efficace. Ils expriment leurs craintes quant à la charge qui leur serait imposée avec une consigne numérique. Une charge qu’elles refusent de porter. 

Les trois régions ont indiqué qu'elles souhaitaient introduire un système de consigne en 2025. Alors que la Wallonie et Bruxelles privilégient un système de consigne classique avec retour en magasin, le gouvernement flamand teste cette année un système de consigne numérique alternative avec une application. Les premiers tests de ce système suscitent de sérieux doutes de la population.

Les bourgmestres se mobilisent pour leurs citoyens

Les 55 Villes et Communes rappellent aux ministres que le système numérique n'est pas accessible à tous les citoyens. Par exemple, de nombreux citoyens n'ont pas d'accès à internet, pas de smartphone ou de compte bancaire. Les enfants, les touristes, les personnes avec un handicap etc. ne peuvent pas participer facilement à un tel système. Cette situation est inacceptable pour les bourgmestres.

Le système numérique fait peser une grande partie de la responsabilité sur les autorités locales. Elles devront installer des milliers de poubelles publiques supplémentaires dont elles devront organiser la collecte. Les Villes et Communes seraient également utilisées pour distribuer et gérer des "home scanners" pour les citoyens qui ne sont pas à l'aise avec des smartphones et des applications mobiles. En réalité, ce sont les fabricants et les supermarchés - qui produisent et vendent les emballages - qui devraient être responsables de leur collecte. C'est le principe du "pollueur-payeur". Avec la consigne numérique, les supermarchés se déchargent de cette charge et la reportent sur les collectivités locales.  

"Nous préconisons un système classique et simple où chacun rapporte ses emballages vides en magasin pour récupérer sa consigne”

Les Villes et Communes restent avant tout positives et soutiennent l'introduction de la consigne d'ici 2025. Elles le font d’ailleurs depuis des années en tant que membres de l’Alliance pour la Consigne. Elles veulent avant tout garantir que tout le monde puisse participer au système et que cela apporte des solutions au problème des déchets sauvages. Mais ce système ne peut pas, une fois de plus, être leur responsabilité.

Cette lettre est soutenue par les Villes et Communes signataires suivantes : 

Affligem, Anderlecht, Asse, Awans, Baelen, Bastogne, Bekkevoort, Bouillon, Bredene, Büllingen, Bütgenbach, Ciney, Court-Saint-Etienne, Couvin, Diksmuide, Écaussinnes, Essen, Frasnes-Les-Anvaing, Geraardsbergen, Gouvy, Grâce-Hollogne, Haacht, Halen, Hamont-Achel, Hannut, Hechtel-Eksel, Ingelmunster, Jette, Kinrooi, Lebbeke, Lendelede, Leuze-en-Hainaut, Liedekerke, Lierde, Lo-Reninge, Lochristi, Merchtem, Mettet, Mont-Saint-Guibert, Mouscron, Olne, Oostkamp, Oostrozebeke, Retie, Roeselare, Ruiselede, Sprimont, Ternat, Tielt-Winge, Trois-Ponts, Walhain, Wichelen, Wortegem-Petegem, Zelzate, Zoutleeuw

[Fin du communiqué de presse]

Contact presse - Chloé Schwizgebel
pers@statiegeldalliantie.org
+31 6 43288231


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